Mission Burkina Faso 2007

Mardi 12 décembre

Les préparatifs sont enfin terminés. Les semaines précédentes ont été très chargées entre la préparation du matériel et les nombreuses formalités exigées par les pays de transit : visas, autorisations, etc.
Départ tôt ce matin pour faire la tournée des associations partenaires pour y charger leurs marchandises. Une tournée qui nous prendra toute la semaine et qui nous conduira d’Annecy et Chambéry à Saint Gervais, Grenoble, Lyon, Bourg en Bresse, Le Puy en Velay, avant de terminer dans les Bouches du Rhône, à Lambesc et Rognes.
Nous attendons encore l’exonération de caution nécessaire pour transiter par le Maroc et nous pourrons enfin mettre pour de bon cap au Sud.

Vendredi 22 décembre

Le chargement est terminé.
Le transit du Maroc est assuré grâce à la caution du consulat de France à Tanger. Il reste quelques formalités à accomplir, les fêtes de fin d’année compliquent un peu les choses.
Nous effectuerons les opérations de douane le 27 décembre pour partir le 28.
L’équipe comprendra 2 chauffeurs pour le camion : Jean Luc et Claude. Dans la voiture d’escorte : Thierry notre cameraman (il est aussi chauffeur poids lourds) et Arnaud son assistant.

Vendredi 5 janvier

Après une traversée de l'Espagne sans histoire, les fêtes de fin d'années nous ont obligé à attendre 2 jours à Algeciras avant de pouvoir faire les formalités de douane pour la sortie d'Europe.

Mardi soir, nous avons enfin pu prendre un ferry pour Tanger et arriver sur la terre africaine. De longues formalités nous attendaient encore qui allaient nous retenir 2 jours à  Tanger à arpenter les bureaux de transitaires, douanes, etc. grâce à l'appui du Ministère des Affaires Etrangères Françaises et des services consulaires, nous avons pu obtenir tous les documents qui nous étaient nécessaires pour le transit du Maroc.

Jeudi soir, nous avons repris la route avec grand plaîsir. Ce vendredi matin nous sommes à Casablanca où nous devons obtenir les visas d'entrée en Mauritanie (encore des bureaux!!).

Ensuite ce sera Marrakech et la route du grand Sud.

Mardi 9 janvier

Nous sommes arrivés hier soir à Nouakchott.
Depuis Casa, nous avons couvert plus de 2000 kilométres sur des routes étroites mais en bon état : Marrakech, Agadir, Tan Tan, Dakhla.
Bivouacs rapides, nuits froides, belles journées.
Hier vers midi, le passage de la frontière entre le Maroc et la Mauritanie s'est fait très rapidement.
Nous avons été surpris par la qualité de la nouvelle route qui relie la frontière à Nouakchott. Beaux paysages sahariens.
Cet après midi, nous prendrons la route qui part vers l'est et qui risque d'être plus délicate.
Cette route porte un nom très encourageant; "La Route De L'Espoir".

Du 9 au 12 janvier

La route de l’espoir a bien porté son nom sur plusieurs centaines de kilomètres avant de nous offrir des passages assez éprouvants.
La rencontre de routiers maliens, source de précieux renseignements sur l’état des routes, nous a amené à modifier notre itinéraire.
Au lieu de pousser jusqu’à Nema, nous avons mis cap au sud dès Ayoûn, en direction de Nioro-du-Sahel par une nouvelle route asphaltée.
Le plaisir d’échapper à une piste que nous savions difficile et sableuse nous a conduit à une certaine légèreté dans le choix d’un lieu de bivouac ce qui nous a valu un ensablement mémorable. Cela nous a permis d’étrenner nos pelles et nos plaques de désensablage.
Les formalités de frontières à l’entrée au Mali ont été vite expédiées.
A Nioro-du-Sahel, les fils du téléphone traversent les rues à basse altitude. Notre remorque a trouvé très drôle de sectionner le fil du poste de police qui s’est ainsi trouvé coupé du reste du monde.
Palabre, dédommagement longuement négocié et nous repartons par une route en travaux qui nous oblige à emprunter des pistes qui mettent notre camion et son chauffeur à rude épreuve.
Nous retrouvons le goudron avant Bamako, capitale du Mali, et nous poursuivons jusqu’à Segou pour une étape confortable qui nous fait oublier les fatigues de la route.

Samedi 13 janvier

Intermède mécanique (sans gravité) avant de reprendre la route.
Les formalités d’entrée au Burkina sont longues (et onéreuses), elles nous retiennent jusqu’à minuit.

Dimanche 14 janvier

Peu après le départ, nous sommes bloqués par un semi remorque couché sur la route ce qui nous oblige à une pause imprévue. Courte étape à Bobo Dioulasso pour contacter par téléphone les associations partenaires en vue de préparer les documents de dédouaneme.

Du 18 au 20 janvier

Les autorités douanières ont fait décharger entièrement notre camion dans les magasins sous douane pour contrôle du chargement. Ce contrôle s'est déroulé en notre présence et n'a posé aucun problème.
Les soeurs de l'orphelinat de Koupela ayant réussi (par la grâce de Dieu) à obtenir leur exonération de taxe, nous avons pu recharger leur marchandise et effectuer notre première livraison.
Les enfants de l'orphelinat nous ont accueilli chaleureusement avec des chants et des danses. Ambiance typiquement africaine qui nous fait oublier les tracas administratifs.
Dès demain lundi, nous retrouverons les bureaux de la douane, pour peu de temps nous l'espérons car nous avons rassemblé tous les documents nécessaires auprès des associations partenaires.

Vendredi 26 janvier

Voilà presque deux semaines que nous sommes arrivés à Ouaga et, à part l'interlude de la livraison à Koupela, deux semaines à arpenter les bureaux de la douane.
De "Ouaga Route" où se dédouanent les camions à la direction des douanes où se traitent les demandes d'exonération de taxes, nous avons hanté un nombre impressionnant de bureaux où s'affairent (avec modération) les fonctionnaires des douanes.
De la secrétaire au Directeur Général, nous avons été entendu par tous mais nous avons à faire à une administration extrêmement complexe qui nous demande toujours de nouveaux documents. Ici, rien n'est gratuit et si le temps c'est de l'argent, pour nous c'est de l'argent que l'on dépense.
Le transitaire qui traite notre dossier semble aussi désemparé que nous dans le labyrhinte de formalités qui n'en finissent pas.
Nous tenons à remercier vivement le représentant de l'association "Libère Ton Génie Pour l'Afrique", Mr Kouda Mikinam, chef coutumier de Boulma qui est efficacement venu à notre secours et qui nous a aidé à comprendre l'univers kafkaïen de la douane burkinabe et à en sortir.

Samedi 27 janvier

Nous quittons enfin Ouagadougou en direction de Dori que nous atteignons vers midi
Le déchargement à la mairie s'effectue rapidement et nous sommes les invités de l'association "Echange Sahel" pour une soirée d'échange et d'amitié.

Dimanche 28 janvier

Départ tôt le matin. Route goudronnée jusqu'à Kaya où nous empruntons une bonne piste en direction de Yako laissant derrière nous un nuage de poussière.
Les gens de LTGA viennent au devant de nous en mobylette pour nous conduire par une piste étroite jusqu'à Boulma leur village où nous attend une équipe dynamique de dockers improvisés qui s'activent au déchargement.
Les anciens du village viennent nous saluer en grande pompe. Après les palabres d'usage, nous goûtons un repos rafraichissant dans la maison de LTGA.

Lundi 29 janvier

Livraison à Ouahigouya pour l'association "Sourire aux Hommes ": création d'une bibliothèque avec la coopération du Conseil Municipal des Jeunes de St Gervais.
Retour à Ouaga pour tenter de régler les problèmes des associations qui n'ont pas encore déposé leurs demandes d'exonération.

Mardi 30 janvier

Nous voici de retour dans les bureaux de la douane….Affaire à suivre

Mercredi 31 janvier

Nous quittons à nouveau Ouaga, pour de bon cette fois.
Nous avons pu obtenir la sortie des colis de l'association Okakene malgré de grosses difficultés liées à l'absence du correspondant local de l'association.
Nous devons malheureusement laisser au magasin sous douane les lots destinés à deux associations qui n'ont pas encore déposé à la direction des douanes leur demande d'exonération. Ils pourront retirer leur marchandise dès qu'ils auront fourni les documents nécessaires. Nous ne pouvons rien faire pour hâter le processus car la présence des intéressés est absolument indispensable et nous ne pouvons pas nous substituer à eux.

Jeudi 1er février

Nous livrons "Solidarité Afrique" à Koudougou : matériel destiné à la construction d'un orphelinat.      
Merci pour l'accueil sympathique qui nous a été réservé.
Arrivée dans l'après midi à Dedougou.

Vendredi 2 février

Nous déchargeons du matériel pour l'hôpital sous le regard attentif et l'aide active (oh combien) du Dr Venet, président de l' association "Burkina Santé".

Samedi 3 février

Quelques travaux d'entretien sur le camion en prévision de la longue route du retour.
Ici encore l'accueil est chaleureux, tant de la part du Dr Venet et des infirmières venues de France pour réceptionner les colis que de celle du directeur de l'hôpital et de son équipe. Ces moments nous payent largement des fatigues du voyage et des tracasseries administratives qui sont déjà oubliées.

Dimanche 4 février

Dernière livraison à Bobo Dioulasso pour l'association Okakene qui nous a causé bien du soucis mais qui peut enfin réceptioner ses livres.
Et nous voici sur le chemin du retour.
Pour prendre le chemin du retour, il suffit de faire à l'envers la route empruntée à l'aller. Comme c'est simple
Et pourtant…
Dimanche soir, un douanier mécontent d'être de service pour le week-end nous oblige à passer la nuit dans le parking de la douane en compagnie d'environ 200 chauffeurs piégés dans la même galère. Ambiance peu festive mais pittoresque.

Lundi 5 février

Étape attendue et agréable à Segou.

Mardi 6 février

Les multiples checks points de la police malienne et les encombrements de Bamako nous retardent considérablement.
A Didjeni, nous prenons la mauvaise piste qui conduit à Nioro du Sahel. Après 30 km de tôle ondulée, le MAN toussote, crachote et décide de s'arrêter définitivement.
Nous sommes, comme on dit, au milieu de nulle part. Il fait nuit, nous signalons à l'africaine notre camion immobilisé sur la piste avec des branchages et plantons la tente.

Mercredi 7 février

Démontage de tout le circuit de gazole sous les nuages de poussière soulevés par les véhicules qui nous dépassent. Recherche de la panne. Trouvaille laborieuse d'un dépannage de fortune et 2ème nuit sur la piste.

Jeudi 8 février

Nous reprenons enfin la route. Le circuit gazole est branché en direct, avec un tuyau d'arrosage acheté à un chauffeur, sur un jerrican de 20 litres. Nous devons nous arrêter tous les 40 km pour en refaire le plein mais ça roule, pas vite mais ça roule. Quel soulagement.

Samedi 10 février

Aujourd' hui nous sommes arrivés à Nouakchott et nous avons trouvé un mécano pour nous braser un raccord qui nous permet de nous rebrancher sur le réservoir du camion – c'est très cher un brasage le samedi a Nouakchott!!!
Nous avons bouché la douche de l'auberge avec le cambouis et la crasse accumulés mais enfin nous sommes presque propres et demain nous reprendrons le chemin du retour.
Comme c'est facile …

Lundi 19 février

Nous sommes arrivés à Evian mais ça n’a pas été si simple.
A la frontière d’entrée au Maroc fouille sévère du camion.
Pour transiter par le Maroc, il nous faut un document, le D17, que le chef de poste n’est pas habilité à délivrer. Nous devons donc nous rendre à Dakhla, au prix d’un détour de 80 km.
Nous avions cru toucher le fond des aberrations douanières à Ouaga mais les marocains sont beaucoup plus performants en la matière.
Après avoir fait la queue pendant 3 heures devant le bureau qui nous a été indiqué, le préposé nous annonce qu’il n’est pas compétent et qu’il faut s’adresser à un autre bureau. De là on nous envoie chez un transitaire puis les fonctionnaires nous promènent de bureau en bureau avant que l’on en trouve un qui daigne enfin tamponner ce fameux D17.
Entrés dans les locaux de la douane à 9 h du matin, nous en ressortons à 16 h.
A Tiznit, après une courte nuit à l’hôtel (douche, lit, draps propres, le bonheur !), le camion nous fait un nouveau caprice et refuse de démarrer. Il faut basculer la cabine et revoir le circuit gazole… Ce camion n’accepte de marcher que lorsque ses chauffeurs sont imbibés de gazole.
A Tanger tous les camions doivent passer au scanner pour déceler la présence éventuelle de drogue… ou de clandestins. Malheureusement, le scanner est en panne: 4 heures d’attente. Cela n’a pas empêché 3 clandestins de se dissimuler dans le chassis de notre remorque d’où ils ont été chassés par le service de sécurité du bateau où nous allions embarquer.
Débarqués vers 3h du matin à Algeciras le vendredi 16 février, nous prenons la route immédiatement pour rentrer au plus vite.
Pause obligatoire le dimanche, journée interdite aux camions, ce qui ne plait pas à notre MAN qui refuse de démarrer une nouvelle fois le lundi matin, juste pour nous exprimer sa mauvaise humeur et nous offrir de partager un petit déjeuner au gazole.

Mais voilà, nous sommes arrivés à Evian. 
Mission accomplie.

Il nous reste à remercier vivement tous ceux, entreprises ou particuliers, qui nous ont soutenus et aidés, financièrement ou matériellement à réaliser cette mission.

Merci aux associations partenaires qui nous ont fait confiance.

Merci également à nos amis africains, ceux qui ont pelleté pour nous sortir d’un ensablement, le chef coutumier de

Boulma qui nous a sorti de la douane burkinabé, le gamin qui nous a indiqué au milieu de la brousse le seul endroit où trouver un réseau pour notre mobile, le personnel du "Pavillon Vert" qui a été aux petits soins pour nous.

Et tous ceux dont l’humour, la bonne humeur, la gentillesse et le franc sourire font que l’on a toujours envie de revenir en Afrique.