La préparation de la mission Burkina Faso 2008 est entrée dans sa phase (super)active.
Nous allons effectuer les chargements chez les associations partenaires dès le début du mois de janvier. 
Aussitôt après, nous accomplirons les formalités de douane à Lyon avant de prendre la route vers l'Espagne et l'Afrique.
Comme toujours, l'obtention de tous les documents nécessaires demande beaucoup d'énergie (courriers, téléphones, rendez-vous…) et de temps. Il nous manque encore la caution morale du ministère des Affaires Etrangères, indispensable pour letransit par le Maroc. Nous espèrons l'obtenir sans tarder.

Les semaines 2 et 3 de cette nouvelle année ontété occupées par les différents chargements chez les associations partenaires. La semi est pleine et prête à partir.
Nous attendons toujours la caution du ministère des affaires étrangères qui nous est nécessaire pour le transit par le Maroc.
Les récents événements survenus en Mauritanie retardent les formalités. Nous espérons un dénouement prochain.

Dernière heure

La situation en Mauritanie étant devenue extrêmement préoccupante, le Ministère des Affaires Etrangères refuse, pour des raisons de sécurité, de nous accorder sa caution sans laquelle il nous est interdit de transiter par le Maroc en direction de la Mauritanie.
La route passant par l'Algérie et le Nord Niger est ctuellement impraticable. Nous sommes donc obligés, à notre grand regret, de remettre notre départ jusqu'à ce que la situation se stabilise (ce qui risque de prendre un certain temps).

Mille regrets pour tous ceux qui nous font confiance
Mais ce n'est que partie remise….

Octobre 2008

Et bien voilà, c'est reparti! 
Nous avions fait une demande auprès du Ministère de la Défense pour que notre camion soit pris en charge sur un des bateaux que le Service des Armées affrète pour le transport de matériel vers ses bases à l'étranger. Nous avons reçu une réponse positive, nous invitant à conduire le véhicule dans un dépôt du Havre, en attente de l'embarquement. 
C'est Jean-Luc, accompagné de Fifi, un de ces bénévoles dévoués à qui l'onpeut toujours faire appel lorsqu'il y a une urgence, qui ont assuré le convoyage de Thonon au Havre.Un voyage hyper rapide car les deux chauffeurs devaient reprendre leur travail dès le lendemain.
Le bateau doit appareiller le 14 novembre à destination d'Abidjan, en Côte d'Ivoire, où son arrivée est prévue pour le 26 novembre. De là, notre semi remorque prendra la route vers le Burkina Faso pour assurer la distribution des dons.

30 novembre

Nous sommes arrivés par avion à Abidjan le 25 au soir, accompagnés deGeorges Tardy de l'association R.A.N.U. qui nous a organisé le voyage.
Notre camion débarquait dès le 26 au matin, l'armée française qui affrétait le navire en avait pris soin pour qu'il nous arrive en parfait état.Il nous restait à accomplir les formalités de sortie du port qui allaient s'avérer longues et (très) onéreuses. Nous sommes donc retenus à Abidjan pour plusieurs jours.Si tout se passe bien, nous espérons pouvoir prendre la route mercredi ou jeudi prochain.

Jeudi 4 décembre

Nous avions espéré (avec beaucoup d'optimisme) quitter Abidjan mercredi ou jeudi. 
C'est jeudi aujourd'hui et nous sommes toujours là. Lors de notre dernier voyage, nous avions pensé avoir affronté les pires tracasseries qu'une administration pouvait imaginer. Mais nous avons trouvé beaucoup mieux ici en matière de documents à fournir, frais à payer et lenteur bureaucratique. Bon, nous espérons encore pouvoir partir mercredi ou jeudi…mais de la semaine prochaine.

Vendredi 12 décembre

Abidjan, ses lagunes, ses plages, sa ville moderne, ses faubourgs sordides, ses innombrables bureaux de douane et transit. Après plus de 2 semaines, nous avons enfin obtenu le document qui va nous permettre de lancer les formalités de sortie du port. Nous l'avons eu en main ce matin, ce document, un peu chiffonné à force de passer de main en main, de bureau en bureau 
Un brigadier-chef douanier l'a présenté à l'adjudant qui l'a soumis au commandant. Le commandant a demandé un supplément d'information au; bureau de l'adjudant qui était malencontreusement en formation ce jour là. Le papier a ensuite été remis au colonel qui, lors d'unde ses rares passages à son bureau, l'a enfin signé, après mûre réflexion et en nous infligeant une amende de 50.000 CFA pour cause de dépassement de délais (comme si on en était responsables). 
Amende sans doute destinée à alimenter son frigo personnel.
Ce matin donc, nous avons remis le précieux document à notre transitaire qui espère pouvoir accomplir toutes les formalités en 2 ou 3 jours (si la grève des dockers est levée). Comme le week-end arrive demain, nous pouvons raisonnablement espérer quitter enfin Abidjan, ses lagunes, ses plages, etc. mercredi ou jeudi prochain. Rendez-vous au prochain épisode.

Mercredi 17 décembre

La situation reste préoccupante car, par suite de la grève des dockers, le port d'Abidjan est bloqué.
Notre transitaire s'en trouve gêné pour faire avancer notre dossier et le camion ne pourra pas sortir tant que le blocus ne sera pas levé. Nous gardons le moral mais c'est un peu difficile.

Mercredi 24 décembre

Le Père Noël ne nous a pas oubliés, il nous a apporté en cadeau lesdocuments qui vont nous permettre de prendre demain la route qui nous conduira au Burkina Faso Il nous a tout de même fallu 30 jours de démarches pour en arriver là (notre lettre au Père Noël a du se perdre dans les lagunes de Côte d'Ivoire)
Ce fut un long séjour dans la capitale abidjanaise qui n'était pas prévue au programme et dont nos finances se seraient bien passées.

Joyeux Noël à tous! Rendez-vous à Ouagadougou. Arrivée prévue dimanche 28 si tout va bien ???

Jeudi 25 décembre

Les circonstances nous ont quelque peu fait oublier la fête de Noël. Le 25 au matin nous avons quitté Abidjan sans trop de regrets. Vers 15 heures nous arrivons à Bouake, dans la zone Nord qui est toujours contrôlée par "l'armée rebelle". De Bouake jusqu'à la frontière du Burkina nous allons rouler en convoi escorté militairement.
Le convoi comportera 11 véhicules mais pour l'heure 4 camions seulement sont arrivés jusqu'ici. Les autres ne sont pas attendus avant demain soir. Nous reprenons donc une activité très pratiquée par les chauffeurs africains : une patiente attente.
Un jour et demi donc à passer dans un parking ensoleillé (un peu trop) où il vaut mieux oublier toute référence à nos notions de confort et d'hygiène. La bonne humeur de nos collègues chauffeurs et de leurs "boys cales" nous permet de ne pas trouver le temps trop long etd'oublier les moustiques à qui nous servons de dîner. 
Palabres sans fin, plaisanteries, thé à la mode touareg et pas mal de cigarettes (Jean Luc prétendait avoir arrêté le tabac depuis plusieurs mois).

Samedi 27 décembre

Depuis hier soir le convoi est au complet, il peut enfin se mettre en route vers 10 heures du matin. "L'escorte" se compose d'un unique militaire "rebelle", armé d'une kalachnikov au chargeur vide.
Comme notre camion est de loin le plus confortable, c'est nous qui sommes choisis pour transporter "l'escorte" qui ne dispose pas de véhicule propre. La conversation avec notre passager s'avère difficile car notre connaissance du malinke (la langue locale) est extrêmement rudimentaire.
De nombreux check points jalonnent le parcours. A chacun d'eux il faut attendre que la totalité du convoi soit passée et comme la plupart des véhicules sont abominablement chargés et donc très lents,nous devons à chaque fois faire encore preuve de beaucoup de patience.
Les formalités pour sortir de Côte d'Ivoire sont rapideset nous atteignons la frontière du Burkina vers 22 heures.
Nous avons parcouru 300 kilomètres en 12 heures. "L'escorte" nous quitte sur de touchants adieux (en malinke).

Dimanche 28 décembre

Nous avons passé la nuit sur un nouveau parking, au milieu de dizaines de camions en transit. 
Toute la matinée est occupée par les formalités d'entrée au Burkina et, vers 13 heures, nous sommes enfin libres de rouler vers Bobo Dioulasso et Ouagadougou.

29 décembre

Nuit de bivouac en brousse (le luxe après les parkings surpeuplés). Réveil matinal. Arrivée à Ouaga vers 11 heures. Début des procédures pour le dédouanement.

Jeudi 1er janvier 2009

De Ouagadougou, Jean Luc et Claude souhaitent une bonne et heureuse année à tous les adhérents, partenaires et amis de Transhuma Nous espérons continuer encore longtemps nos missions.

Lundi 05 janvier

Dès notre arrivée à Ouaga, nous avions engagé la procédure permettant à nos partenaires d'obtenir l'éxonération des taxes d'importation. L'affaire suit son cours mais, comme d'habitude, cela risque de prendre un peu de temps.
Lescolis de l'association "Le Margouillat", à destination de Tera, au Niger, ont été transférés sur un véhicule nigérien sous le contrôle d'Omar, responsable de la coopération auprès de la mairie de Tera. Ils sont bien arrivés à destination.

Vendredi 9 janvier

On dit que les meilleures choses ont une fin et bien les mauvaises aussi puisque en cet après midi du 9 janvier, nous sommes en possession de tous les documents nous permettant de commencer la distribution des dons. Il faut d'abord recharger le camion dont le chargement avait été déposé dans les entrepôts de la douane pour contrôle et comptagedes colis.
Les entrepôts ferment à 17h30 et, comme nous avons commencé très tard (quelques derniers papiers à faire signer), il faut faire le forcing pour que tout soit terminé avant l'heure fatidiquesous peine d'avoir à attendre lundi pour être libérés. A 17h29 tout est OK.
Il nous reste à conclure de difficiles tractations pour régler notre transitaire qui nous annonce des chiffres fantaisistes. Son raisonnement est aussi ésotérique qu'un document douanier. Le bon sens et l'autorité du chef coutumier de Boulma nous est d'un grand secours cette fois encore (cf la résolution des procédures de douane en 2007).
Il fait tout à fait nuit lorsque tout est réglé et que nous prenons la route en direction de Manga où nous transférons le matériel de l'association "Rhône Alpes des Nations Unies dans un véhicule de la paroisse de Goumboussougou où un sympathique accueil nous est réservé.

Samedi 10 janvier

Livraison de l'association Djoatina sur la commune de Tiebele, dans la région de Pô Nous passons la nuit chez Bahoupe, responsable local de l'association. Etudiant en droit à Ouagadougou, il avait suivi avec attention la procédure pour obtenir les éxonérations de taxes.

Lundi 12 janvier

Les associations Lumason et Via Nebba ont enlevés leurs marchandises aux entrepôts sous douane. 
Suite au long séjour qui nous a été imposé à Abidjan, Jean Luc va devoir rentrer en France pour reprendre son travail. Il regrette que ses obligations ne lui permettent pas de terminer la mission. Claude est un peu triste de voir partir ce compagnon de jours qui ne furent pas toujours faciles. C'est Gérard qui va prendre la relève pour continuer la distribution et ramener le camion en France avec Claude.Aujourd'hui, la nouvelle équipe est à Gorom Gorom, dans le Nord Est du<br>Burkina, zone sahélienne que l'on atteint par une mauvaise piste qui fait souffrir notre camion.

Amadou Ly nous accueille pour réceptionner les dons de l'association "Peuples solidaires"

Bivouac en brousse.

Mardi 13 janvier

La mairie de Dori réceptionne les dons envoyés par l'association pour le jumelage des communes de Dori et Annecy-le-vieux. Retour à Ouaga.

Vendredi 16 janvier

Oubliés les bureaux, la douane, les transitaires, nous avons quitté définitivement Ouagadougou hier matin (avant 5 heures car les artères de la ville sont interdites aux camions de 5h à 23h) A Hounde, toute l'équipe de l'association "Echo de l'A.L.P.E" était là pour participer au déchargement des colis.<br>Le responsable avait organisé une petite cérémonie pour la remise<br>officielle des dons par Transhuma au représentant du maire qui les a, tout aussi officiellement, remis à l'association. Claude a du faire appel à ses talents d'orateur pour présenter les activités de Transhuma et remercier tous ces officiels de leur accueil. 
C'est en dégustant un succulent "poulet bicyclette" que se terminent les festivités.
La mauvaise piste qui reliait Bobo Dioulasso à Dedougou a été remplacée par une excellente route asphaltée qui raccourcit considérablement le temps du parcours.
Après un bivouac en brousse, nous atteignons Dedougou dans la matinée. 
Charlemagne, directeur de l'hôpital, nous attend pour réceptionner les dons de l'association "Burkina Santé"

C'est notre dernière livraison, notre mission est accomplie et nous prenons la route du retour. Les messages internet vont se faire plus rares. Rendez-vous à Segou ou Bamako ou ailleurs d'où nous enverrons quelques photos (Claude a oublié l'appareil dans le camion et nous avons marché longtemps pour trouver un "cyber" ouvert en ce vendredi jour de prière pour les musulmans)

Samedi 17 janvier

Apres un nouveau bivouac en brousse, nous avons quitté le Burkina pour entrer au Mali Nombreux – très nombreux – contrôles sur la route, nous progressons lentement. Nous voici arrivés&nbsp; à Segou d'où nous envoyons les photos de Dedougou oubliées hier.

Dimanche 25 janvier

Depuis notre dernier message il s'est passé pas mal de choses. De bonnes choses et de beaucoup moins bonnes. Bamako est une ville très étendue, à la circulation très dense. Elle est dépourvue de tout panneau indicateur. En demandant fréquemment notre chemin aux nombreux policiers qui réglent les carrefours, on ne s'en sort pas trop mal.
En direction de Nioro du Sahel, après Didieri, l'ancienne piste a été récemment remplacée par une excellente route asphaltée. Bivouac en brousse avant d'atteindre la frontière avec la Mauritanie à Gogui. Une nouvelle difficulté nous y attend avec la police mauritaniene. 
Depuis quelque temps, il n'est plus possible d'obtenir les visas à la frontière.Tous les palabres n'y feront rien et nous devons retourner à Bamako (500 kms) où le consulat nous délivrera les visas. 
Ce mardi là, c'est jour fériè au Mali (fête de l'armée) et nous devons attendre le lendemain pour voir s'ouvrir le consulat.
Après une très longue matinée passée dans la salle d'attente du consulat, nous nous trouvons en possession d'un "visa de courtoisie" gratuit mais valable 5 jours seulement (ce qui est largement suffisant pour traverser la Mauritanie). Il nous reste à rejoindre à nouveau la frontière que nous atteignons jeudi vers midi.
Cette fois tout se passe facilement et nous roulons vers Ayoun el Afrous où nous prenons la "Route de l'espoir" en direction de Nouakchot.
Arrivée à Nouakchot vendredi en fin d'après midi.
Une très bonne route asphaltée nous conduit à la frontière avec le Maroc. Les formalités côté Mauritanie sont très rapides.
Le no mans' land entre les deux pays est dans un état abominable, aucun des deux pays ne voulant prendre à sa charge l'entretien de la piste.
Nous entrons enfin au Maroc, samedi après-midi pour commencer la longue remontée vers Tanger.
Nouvel arrêt à Daklat pour obtenir les documents de transit. Les transitaires ne travaillant pas le dimanche, nous devons, une fois de plus, patienter jusqu'à demain.

Lundi 26 janvier

Ce lundi matin, nous faisons le parcours habituel dans différents bureaux. Avec un peu de chance, nous reprendrons la route avant ce soir.

Mercredi 28 janvier

Vous allez rire, une fois de plus nous avons été immobilisés par des tracasseries administratives
Pour transiter par le Maroc, un camion doit posséder un document, le D17, visé par la douane d'entrée. Malheureusement ce document n'est pas disponible à la frontière et c'est pourquoi nous avons du, pour l'obtenir, nous arrêter à Dakla, première ville importante distante de 450 kms
Le nouveau chef de la douane est un fonctionnaire tatillon très à cheval sur le réglement. Le D17 doit être visé à la frontière et pas ailleurs. Il nous faut donc y renvoyer le prècieux document laborieusement établi chez un transitaire. Un routier sympa, en route pour la Mauritanie, accepte de s'en charger. 
Un autre chauffeur nous le rapporte le lendemain en fin d'après-midi muni de tous les tampons et signatures nécessaires à sa validité.
C'est donc après deux journées et demies d'un séjour non programmé à Dakla, ville oubliée des guides touristiques, que nous reprenons la route.

Lundi 2 février

La suite du voyage s'est déroulée sans autre complication à travers le Maroc, l'Espagne et la France. Nous arrivons enfin à Thonon les bains, terme de notre mission.

Il nous reste à remercier tous ceux sans qui cette mission n'aurait pas été possible:

Les associations partenaires qui nous ont confié leurs marchandises et qui ont fait preuve de beaucoup de patience devant les nombreuses difficultés qui nous ont obligé à retarder les livraisons.
 

L'armée française qui a transporté gratuitement notre camion jusqu'à Abidjan. L'adjudant chef Carrof qui ne s'est pas lassé de nous fournir les diverses attestations et certificats éxigés par les transitaires.
 

Les chauffeurs africains et leurs "boys cales" qui nous ont aidé à trouver moins longues les heures d'attente dans les parkings.
 

Les employés de l'hôtel "Zem Batik" toujours aux petits soins pour nous rendre le séjour agréable.
 

Georges Tardif dont l'aide nous a été précieuse pour nos voyages par avion..

Son chauffeur,Seni, qui nous a véhiculé avec bonne humeur d'un bureau à l'autre dans la circulation dense de Ouagadougou.

Le chef coutumier, responsable de l'association LTGA, qui a su cette fois encore résoudre des problèmes administratifs bien compliqués.

Tous nos amis africains dont l'humour nous fait oublier nos tracas.

Eric sans qui le carnet de route n'existerait pas.

Nos compagnes à qui il faut une certaine dose de patience pour supporter nos lubies

Et tous nos adhérents et sympathisants qui nous ont suivi dans cette mission.

A bientôt pour de nouvelles aventures.