Une nouvelle mission prête à prendre la route vers Ouagadougou et une quinzaine de villages où on attend impatiemment l'aide procurée par ceux du Nord qui font actede solidarité avec leurs partenaires du Sud. À Transhuma, nous sommes fiers d'être ce maillon de la chaîne de la solidarité Nord-Sud dans un contexte de mondialisation.
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Le tracteur Daf 95 et sa semi remorque qui feront le transport (presque 1 000 colis, plus de 20 tonnes, presque 90 m3)
Depuis mi-septembre 2010, intense préparation du prochain convoi France-Burkina avec 2 chauffeurs, J-Luc et Gilbert (ex-ÉquiLibre rejoignant Trans-Huma comme bénévole occasionnel), mécanique (merci Fifi), mise en conformité avec les règlementation (Mines, visa, TIR, etc…) et chargement du fret aux divers points où nos expéditeurs les ont rassemblés.
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Préparation mécanique avant le départ :
Traquer préventivement tout risque de panne
  Fin septembre : Aprés la préparation mécanique, les chargements sont presque terminés
Mardi 28 septembre 

Fin des chargements à Montpellier avec les associations "Faso Savoirs" et "Djoatina". Merci à l'équipe "Djoatina" pour leur succulent buffet campagnard pris sur le bord de la route.

Derniers centimètres de plancher chargés avant la fermetrure des portes à Sète

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Mercredi 29 septembre
Les formalités pour la mise en douane ont pris toute la matinée. A 13 heures, nous prenons enfin la route direction l'Espagne. Date estimée d'arrivée à Ouagadougou : 20 octobre. 
Prochain message vous parviendra de terre africaine. 
A bientôt.
Samedi 02 octobre 2010
Arrivée en terre africaine, Tanger.
Traversée de l'Espagne sans souci mercredi et jeudi. 
Vendredi, nous avons pu faire les formalités de douane du côté espagnol, traverser le Détroit, arriver à Tanger, faire les formalités côté marocain et reprendre la route jusqu'à Casablanca, tout ça dans la même journée (notre patron sera content de nous). 
Aujourd'hui dans la soirée, nous avons fait un petit arrêt à Agadir pour vous envoyer ce petit mot, et nous continuons la route vers Tiznit et El Ayoune. Nous pensons entrer en Mauritanie lundi 04.
Lundi 04 octobre
Bien arrives a Laayoune, Sahara Occidental.
Cap plein sud. Esperons parvenir a la frontiere mauritanienne ce soir, encore 600 km.
Prochain message Internet prevu depuis Nouakchott, dans 1 ou 2 jours.
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Sahara occidental Porte d'entrée dans Laayoune, Sahara occidental
Mercredi 06 octobre
Notre convoi se déroule bien.
Hier mardi 05 octobre nous quittions le Maroc par Laguira et entrions en Mauritanie. Direction sud vers Nouakchott, puis sud est vers le Mali. 
Facile à décrire, difficile à réaliser : ce passage des frontières nous a pris toute la journée : dernier coup de tampon douanier à 18.45
Il nous a fallu ensuite prendre la route vers Nouakchott la nuit tombée, en escorte douanièe : mission périlleuse de nuit : dromadaires surgissant du désert, vents de sable, dunes avançant sur la chaussée, macadam défoncé, véhicules sans éclairages, dos d'âne, etc. Aprés avoir remorqué au câble une voiture qui s'était retrouvée dans le sable hors route, nous avons décidé de faire escale à mi-chemin : trop dangereux de circuler ainsi de nuit. 
Aujourd'hui, avons repris seuls la route aux aurores (superbes paysages de soleil levant et de dromadaires, etc…) et avons pu atteindre Nouakchott d'où nous vous écrivons, dégustant un délicieux petit déj' à l'Auberge Sahara après les épreuves d'hier et de la nuit.
On a retrouvé l'escorte douanière qui nous mènera jusqu'au Mali, encore 1 000 km.
Nous estimons notre la date de notre arrivée à Ouagadougou autour du 18 octobre.
À bientôt.
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Nous voilà prévenus : dromadaires divaguant sur les routes à toute heure !!!!  
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Nouahdibou (nord de la Mauritanie), est encore 300 km plus au sud Mauritanie, RN4 entre Nouhadibou et Nouakchott, 06 octobre
Mercredi 06 oct
Départ 12.30 avec escorte (un douanier peu loquace en français avec nous dans la cabine) plein est sur la Route de l'Espoir, nous aussi pleins d'espoir jusqu'à ……. fracas : explosion d'un pneu arrière sur le tracteur, des lambeaux arrachant garde-boues et feux arrière. Après 2 heures d'activités pour changer la roue sous 40 ° C, nous voilà repartis de nouveau plein d'espoir (de courte durée) jusqu'à 21.00 où le système d'air commence à dérailler : Concrètement, plus assez d'air dans le circuit, donc mise en arrêt d'urgence et tout ça bien sûr au milieu de nulle part, sans lumière. Presque 2 heures à débloquer l'arrêt d'urgence et joindre le prochain village à petite vitesse car très peu de freins disponible.
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À 4 heures de l'aprés-midi, sous 40 ° C, un pneu tracteur éclate et arrache tout… On répare et on est prêt à repartir : 2 heures aprés, autre panne…
Jeudi 07 oct
Après diagnostic et profonde concertation entre nous, consultation de l'agent DAF de Bonneville via Gérard, décision dramatique : on ne peut continuer ainsi sur les kilomètres de montagne qui nous attendent, donc retour forcé à allure modérée vers Nouakchott, l'Auberge Sahara pour réparer. Minimum 5 jours de perdus, dépenses imprévues. Conduite stressante en approchant de la capitale en heure de pointe avec voitures, taxis, bus, charrettes et piétons faisant n'importe quoi (rouler à contre-sens, passer au rouge, etc) et nécessitant parfois un arrêt d'urgence alors que notre réparation de secours ne le permet pas. On y parvient néanmoins. Mais c'est déjà jeudi soir : demain vendredi et samedi, tout sera fermé, car c'est le week end en République Islamique de Mauritanie, on ne repartira pas avant dimanche, si tout va bien cependant. Surprise en arrivant sur Nouakchott, le douanier nous mène au Centre de Douanes qui se situe en banlieue perdue où ordre nous a été donné de stationner là pour tout le week end. Consternation. Après tractations entre notre escorte et son directeur, nous réussissons à obtenir l'autorisation de stationner à l'Auberge Sahara où nous trouverons toutes les commodités, y compris un mécanicien.
Vendredi 08 oct
Nous confions à deux mécaniciens locaux se disant hautement qualifiés le soin de débuter diagnostic et réparations de notre système d'air défaillant. À l'heure de mettre sous presse, nous attendons avec angoisse le résultat de leurs manipulations mécaniques : pour l'instant, ils se cantonnent à laver à l'Omo, toutes les pièces du circuit qu'ils démontent, énigmatiques ou dubitatifs sur les causes profondes de la panne. Nous aussi sommes dubitatifs.
Prochain message sous peu, vu qu'on dispose, à la fameuse Auberge Sahara, d'une liaison WiFi active
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  Réparation de la panne sur le système d'air : notre mécano au travail sur le parking de l'Auberge Sahara à Nouakchott où on a dû revenir (350 km en arrière)
Samedi 09 oct
Les mécaniciens ont identifié une cause probable de la panne : un joint défectueux dans la centrale de freinage (sous la pédale de frein à pied) et aussitôt partent en ville à la recherche d'un jeu de joints susceptibles de remplacer le joint fautif. En vain. On opte pour la recherche d'une pièce complète, neuve si possible.
La recherche a porté fruit : ils ont trouvé. Ils remontent la nouvelle centrale de freins et voilà que les symptomes de la panne disparaissent : la pression remonte et alimente tout le système. À midi, tout est déjà prêt, nous laissant encore le temps de trouver un bon pneu d'occasion pour remplacer celui qui a éclaté : pas question de reprendre une longue route surchauffée sans roue de secours. Et bien avant le coucher du soleil, nous voilà mécaniquement prêts à partir.
Mais …. il faut maintenant attendre le douanier d'escorte parti en famille pour sa fin de semaine avec tous nos documents, y compris les cartes grises de l'ensemble. Il devrait réapparaître dimanche matin, nous ramener au Centre des Douanes où nous étions menacés de passer 2 jours pour refaire un document de transit et …. vraisemblablement nous imposer une amende douanière pour dépassement de délai de transit. On verra car nous sommes impatients de reprendre la route.

 La Khaïma de l'Auberge Sahara

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Moments de détente et de rencontres sous la tente (khaïma) de l'Auberge Sahara à Nouakchott : réparation effectuée, nous pourrions repartir mais c'est la fin de semaine musulmane et il faut attendre le retour du douanier d'escort
Dimanche 10 oct
Faux départ. 
On était prêt, le moteur tournait déjà. Arrive le douanier d'escorte, le même. On prend place, on se met dans la bonne direction.
Non, on ne partira pas aujourd'hui. Au téléphone, le chef des Douanes décide que ce sera demain, à partir de 9 ou 10 heures, sans pénalité pour notre retard forcé.
Consolation : le restaurant sénégalais (notre cantine proche de l'Auberge Sahara, photos suivront) met au menu de ce soir (le dernier pour nous à Nouakchott ????) de succulents calamars tout frais péchés. On vous dira à quelle sauce…
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  Souda, sa soeur et son frère, Sénégalais de Casamance, gèrent efficacement un fameux restaurant à poisson à Nouakchott, c'est notre cantine préférée …
Lundi 11 oct
Route RN3 (dite de l'Espoir) emportée par les pluies diluviennes pendant la nuit : c'est le deuxième radier-pont emporté sur quelques km.
Au petit matin, la situation est toujours critique : les pronostics sont variés : ça prendra entre 1 et 5 jours pour refaire le pont …
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  Puis des engins lourds rétablissent un pont.
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Ils refont une piste On peut enfin passer en fin d'aprés-midi
Mardi 12 oct
Bloqués par le pont emporté jusqu'en fin d'après-midi. Roulé une bonne partie de la nuit, pressés par le douanier qui est de moins en moins communicatif, mais insistant pour s'arrêter aux heures des prières. Nous aussi, on est pressé de se débarrasser au plus vite de lui, qui refuse désormais de prononcer un seul mot en français, seulement occupé à fumer, à téléphoner pendant des heures, obsédé par ses heures de prière et par le backchich (royal mais largement insuffisant à ses yeux) qu'il veut nous soutirer. Enfin arrivée à Ayoune aux aurores
Mercredi 13 oct
Juste le temps de sommeiller un peu, une nouvelle escorte doanière nous emmène jusqu'à la frontière Mauritanie-Mali, Gorgi. Nous faisons les formalités de douanes sortie Mauritanie et entrée Mali. Entre temps, petits ajustements mécaniques. 25283-carnet-route-201019
 

Il faut remplacer un pneu trop usé : Deux mécaniciens de Nioro du Sahel découpent au burin un écrou de roue foiré. 

En 2-3 heures, ils en viendront à bout.

Jeudi 14 oct
Aprés nuit à l'hôtel (appelons-le "Hôtel aux Batraciens" : grenouilles ou crapauds, au demeurant trés pacifiques, errent partout comme chez eux et parviennent à s'introduire dans les chambres en passant sous les portes), on roule jusqu'aux limites de Bamako où il nous faut patienter jusqu'à minuit, le transit de la capitale par les poids-lourds étant interdite de jour.
Vendredi 15 oct
Petite étape depuis Bamako à Koutiala, souvent arrêtés par des barrières de police, puis douanes, puis gendarmerie, puis re-douanes…. etc…où des fonctionnaires parfois souriants mais toujours insistants sur les "cadeaux", se limitent à recopier mot à mot noms, prénoms, immatriculations, numéros de série sur des registres poussiéreux et écornés qui s'entassent ensuite, illisibles et inutiles dans des recoins.
Samedi 16 oct
Formalités de douanes pour entrer au Burkina.
Dimanche 17 oct
On attend patiemment dans le tout nouveau périmètre douanier de Bobo-Dioulasso, mais pas d'escorte aujourd'hui. Contrairement aux habitudes, on est astreint à une escorte 25284-carnet-route-201020
  Campement à Bobo-Dioulasso
Lundi 18 oct
On se remet en route vers Ouaga car l'escorte douanière est enfin disponible : cette attente nous aura fait perdre presque 36 heures.
Enfin arrivés à Ouaga : 9 000 km parcourus depuis La Savoie, 21 jours de route et 8 000 km depuis Sète, 6 frontières franchies …. Avant-dernière étape : formalités de douanes à Ouagadougou préalablement à toute livraison aux bénéficiaires.
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Aux environs de minuit, on fête l'arrivée à Ouagadougou Douanes au "maquis" (troquet-bistrot) d'en face Maquis face à OuagaInter (stationnement obligatoire pour les Douanes) : enfin arrivés!
Vendredi 22 oct 

À 08.00, on assiste, face à notre auberge, à la cérémonie Mossi du "faux départ à la guerre" : Tous les vendredis matins entre 6h30 et 7h00, le moro-naba, chef traditionnel de l’aristocratie mossi, sort de son palais tout de pourpre vêtu et accompagné de toute la cour, afin de se livrer à la traditionnelle cérémonie du Nabayius Gou (appelée aussi parfois "le faux départ de l’empereur pour la guerre"). La cérémonie a lieu au palais du Moro Naba. Elle illustre l’histoire du Naaba Warga, souverain mossi du XVIIe siècle, qui, apparu sur son cheval prêt à partir en guerre, changea brusquement d’avis et rentra dans son palais. Rappel de la remarquable richesse culturelle de ce pays, souvent tout autant méconnue que pour le reste de l'Afrique. Photo interdite, vous ne pouvez que croire notre témoignage visuel..

Ensuite, dure journée à arpenter les couloirs de la Direction Générale des Douanes avec l'aide précieuse du Chef Coutumier de Boulma, pour le suivi de la demande d'exonération. Elle tombe à 17.30, à quelques minutes de la fermeture pour la fin de semaine.

Le soir, avons goûté avec un auditoire nombreux et enthousiaste une excellente pièce de théâtre "Les Soleil des Indépendances", adaptation géniale du roman d'Ahmadou Kourouma (Côte d'Ivoire, 1963) par et avec le C.I.T.O. association théâtrale jouant en plein air au pied du Stade Municipal. Un amphithéâtre bourré à craquer de jeunes élèves faisant un accueil favorable à une oeuvre littéraire africaine classique mais toujours aussi critique 50 ans aprés les indépendances, voilà pour nous une occasion inespérée de prendre le pouls du dynamisme culturel burkinabè.

Samedi 23 oct
Aujourd'hui, relâche. Mais on peut espérer la fin des formalités douanières pour le début de la semaine prochaine et pouvoir débuter la distribution dans les villages aussitôt. 25287-carnet-route-201023
  Ouagadougou, en soirée, avant l'orage
Dimanche 24 oct
Relâche et découverte des maquis et autres lieux où s'exprime la convivialité africaine 25288-carnet-route-201024
  Le maquis "chez Papa", au coin de l'Auberge Zem Batik, Ouaga
Lundi 25 oct
Les efforts pour activer les processus douaniers ont porté fruit : lundi aprés-midi, formalités et visite douanières terminées. La douane a relâché le camion et la marchandise qui sont alors sortis hors périmètre douanier. On devrait donc pouvoir livrer….. Mais …..
Mardi 26 oct

Ce matin, nous attendons un dernier document douanier nous permettant de commencer la tournée des destinataires et de distribuer son dû à chacun des villages bénéficiaires. Nous commençons à avertir les bénéficiaires de l'imminence des livraisons. Nous planifions de délivrer d'abord Tibele cet aprés-midi même, puis de revenir livrer sur Ouagadougou les jours suivants, puis Orodara, etc….La tournée devrait prendre une dizaine de jours à partir d'aujourd'hui.
Nous invitons les associations à nous joindre par téléphone pour cadre au plus précis les rendez-vous.
Nos cellulaires :
Jean-Luc : +226 71 11 48 73
Gilbert    : +226 79 28 58 42

Faux départ : Nous aurions dû obtenir avant midi l'ultime sauf-conduit, mais un transitaire trop gourmand a exagérément et indûment accru le montant de ses prestations (on se passera désormais de lui) et les tractations ont retardé la délivrance de ce document. Jour perdu.

Mercredi 27
Début effectif des distributions sur tout le pays : temps et distance estimés : 10 jours, 2 100 km
On se met enfin en route vers le sud, direction Tiébélé. Livraison au village, puis à l'hôpital de Pô. Les destinataires paraissent comblés. Des curieux s'enquièrent pour savoir comment procéder pour, eux aussi, devenir bénéficiaires. Facile d'imaginer que les besoins et attentes sont immenses, même si des avancées sont constatables au fil des années : asphaltage, électrification voire Internet, nouvelles écoles. Retour sur Ouaga le soir même. 25289-carnet-route-201025
  1.ère livraison terminée à Tiébélé le mercredi 27. 
Les écoliers transporteront rapidement le précieux arrivage en lieu sûr
Jeudi 28
Plusieurs associations bénéficiaires de Ouagadougou reçoivent leur dû.
Vendredi 29 oct
Route vers Dori (nord est, non loin du Niger fleuve et pays) et livraison à la Mairie.
Rencontre trés instructive avec la représentante d'une association de femmes bénéficiaire qui recevra entre autres des machines à coudre, le projet étant de fournir savoir-faire et outils à ces femmes afin que celles-ci, ayant une activité génératrice de revenus additionnels au ménage, gagnent ainsi un meilleur statut dans le couple et une parole mieux assurée dans l'éducation des enfants. Elle nous parle aussi avec passion des fillettes trop tôt mariées, etc… et de tout ce qui reste à faire en faveur des femmes.
Samedi 30 oct
Retour de Dori et stationnement du camion au Centre Médical Paul VI de Ouagadougou : déchargement hélas impossible le même jour en raison du manque de main-d'oeuvre et des célébrations du 25 ème anniversaire du centre.
Dimanche 31 oct
Relâche obligée à Ouaga
Lundi 1 er nov

Relâche forcée : au Burkina, pourtant majoritairement musulman (au moins 60 % de la population), le 1 er novembre est férié et chômé.

Bilan des distributions (17 associations) à ce jour (1.er Nov. 2010) :
Djoatina à Tiébélé et Pô-hôpital
Faso Savoirs à Ouaga
Terre Des Enfants à Ouaga
Association des Enfants Vulnérables à Ouaga, provenant du Foyer Socio-Éducatif du Lycée René-Char d'Avignon
Association Sahel Solidarité en provenance de Vie et Partage 
Association Échanges Sahel en faveur de Comité de Jumelage Mairie de Dori
Sera livré le mardi 02 nov à la première heure (notre camion y est déjà garé en attente de main-d'oeuvre disponible pour le déchargement) Le Centre Médical Paul VI à Ouagadougou en provenance de Rotary International de Chambéry.

Seront livrés à partir de mardi 02 aprés-midi (pas forcément dans cet ordre) vraisemblablement jusqu'à la fin de la semaine : 
Ouahigouya
Boulma
Houndé
Orodara
Bobo-Dioulasso
Kampéla
Pama

Mardi 02 nov

Déchargement au CMA Paul VI à Ouagadougou. L'équipe attendait avec impatience l'arrivée de lits roulants, brancards et autre matériel médical pour les mettre immédiatement en service dans le département "urgences" qui devrait accueillir bientôt 50 patients au lieu de 15 actuellement.

Puis continuation sur Ouhigouya où nous arrivons tard et déchargeons de nuit.

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  Au CMA Paul VI de Ouaga, on décharge précautionneusement du matériel médical, don du Rotary Internationa
Mardi 02 nov
Départ d'ouhigouya, direction Yako. Boulma à 15 km de piste aprés Yako
25298-carnet-route-201027Boulma : Déchargement sous le regard d'un public curieux, intéressé et amical

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À Balma, on nous attend pour aussi tôt que possible.
Nous aussi, on a hâte d'y revenir. À bientôt, donc
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Sur la piste de Boulma, ailleurs au Burkina ou partout au Sahel, le mil, nourricier et salvateur
 Jeudi 04
Koupela.
Comme dans le documentaire "Des Marelles et des Petites Filles" sur le destin souvent brisé des filles à travers le monde, certaines pensionnaires du CM2 à la seconde, nous ont livré, en surmontant leur timidité en pouffant de rire, leurs espoirs de profession lorsque parvenues à l'âge adulte : médecins-pédiatres, infirmières, soeur, policière et … même pilote.
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  L'accueil chaleureux des pensionnaires de Soeur Monique et ses collaboratrices
Vendredi 05

Livraison à Pama. Puis on doit repasser par Koupèla déposer un colis oublié.

Ce même jour, deux crevaisons (un boulon, puis un clou : les véhicules – et particulièrement les camions – sont tellement délabrés qu'ils perdent écrous, boulons, pièces métalliques, chape de pneus, etc… dans les crevasses de la route, débris sur lesquels les autres véhicules roulent ensuite immanquablement avec des conséquences évidentes) dans la même journée.

Arrivée tardive à Houndé, mais à minuit, l'équipe locale tient à nous offrir un fraternel repas.

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Deuxième crevaison aprés Koupéla sur la route de Houndé, de nuit, sans cric, en rase campagne : situation embarassante, mais la solidarité africaine entre camionneurs agit : l'un nous prête un cric et un autre nous aide même à remplacer la roue.
Crevaison à Koupéla : les professionnels s'activent, en une heure, c'est réparé.  
Samedi 06

Houndé.
Livraison de livres et ordinateurs impatiemment attendus. Visite des locaux et possessions de "Lumière pour Enfants", rencontre avec une équipe (deux bibliothécaires, beaucoup d'enseignants-animateurs, une sage-femme, etc…) particulièrement motivée, engagée, dédiée à l'amélioration des conditions matérielles d'enfants défavorisés (dons de bicyclettes à des écoliers habitant dans des hameaux trés éloignés, qui pourraient de ce fait, être dissuadés de fréquenter l'école à cause du temps et de la fatigue du trajet) et culturelles (accès au savoir). Ces échanges nous ont permis de vérifier qu'il y a, dans le domaine associatif, des volontaires courageux engagés pour un monde meilleur et plus fraternel.

Au moment de notre passage à Lumière des Enfants à Houndé, un petit garçon scolarisé escorté de sa soeur aînée analphabète se présentent à la bibliothèque pour choisir un livre. Elle demande timidement comment, elle aussi, elle pourrait s'inscrire. On lui explique : elle aussi pourra bientôt emprunter un livre après avoir appris à lire. Nous faisons confiance à "Lumière" : déjà dans leur activité professionnelle quotidienne d'instituteurs, ils ont à coeur la scolarisation des fillettes de toutes conditions, malgré les classes surchargées (de 100 ou 120 élèves) : on nous a fièrement cité la nomination d'une école de Houndé au premier rang du taux de scolarisation des fillettes de la région.

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L'équipe de l'Association "Lumière pour Enfants" de Houndé, posant devant la bibliothèque Lui sait lire, elle pas (encore), mais elle veut : il la guide dans son choix d'un livre. Elle devra apprendre à lire
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Salle de classe à Houndé-ville avec, parfois, jusqu'à 140 élèves Branchées et mutines : à Houndé

Bobo Dioulasso.
Livraison de livres et ordinateurs impatiemment attendus. Là aussi, une équipe d'enseignants et de parents d'élèves motivés qui comptent sur la culture.

Dimanche 07 nov : dernière livraison à Orodara
Orodara. Dimanche matin 10.00 : le camion est vide, mission en grande partie accomplie. Nous avons acheminé à chacune des destinations la précieuse cargaison (991 colis, rappeons-le, entre 20 et 25 tonnes d'équipement scolaire, culturel, médical et professionnel) que les associations sur place (dix-sept) attendaient avec impatience pour continuer ou élargir leurs activités culturelles, économiques, socio-culturelles ou médicales pour la promotion, la conscientisation des démunis ou la santé.
Saluons l'accueil particulièrement chaleureux de l'équipe sur place.

Orodara. Dimanche matin 10.00 : le camion est vide, mission en grande partie accomplie. Nous avons acheminé à chacune des destinations la précieuse cargaison (991 colis, rappeons-le, entre 20 et 25 tonnes d'équipement scolaire, culturel, médical et professionnel) que les associations sur place (dix-sept) attendaient avec impatience pour continuer ou élargir leurs activités culturelles, économiques, socio-culturelles ou médicales pour la promotion, la conscientisation des démunis ou la santé.
Saluons l'accueil particulièrement chaleureux de l'équipe sur place.

Nous visitons la bibliothèque publique d'Orodara et constatons de visu qu'elle est immense, fournie (par exemple une section "Littérature africaine francophone" trés prisée des lecteurs) mais qu'elle pourrait héberger davantage encore d'ouvrages si des donateurs trouvaient les moyens de les acheminer jusque là

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La bibliothèque d'Orodara en cours de réaménagement : il reste de la place pour davantage d'ouvrages et de lecteurs.
Lundi 08 nov 201

À Ouagadougou, diverses activités : réparations, comptes, rangements, tris, lavages, formalités nous tiennent occupés. Fin de la mission, certes, mais pas du voyage.

 

Au Burkina, l'école, l'écrit, l'accés à la culture sont prisés : On voit des jeunes lire leurs cours dans des endroits et circonstances inattendus. À Ouhaghia, à Orodara, etc… nous avons vu des élèves et étudiants se grouper sous des éclairages électriques divers pour profiter de la lumière et ainsi, étudier. À la maison, plus de lumière une fois le soir tombé.

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Rencontre avec Faridatou, 5 mois 12 jours,néo-Citoyenne du Village Mondial Global (6 milliards et 1/2 d'êtres humains, dont presque 1 milliard en Afrique), née à et habitant Ouagadougou. Faridatou souriant avec confiance en son futur (santé, éducation, bonheur, épanouissement, concorde, paix, dialogue, dignité ?) dans le Village Global
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Faridatou entre confiance et peur, naviguant entre option optimiste et pessimiste de l'évolution de notre commune humanité. Faridatou inquiète ou perplexe, appréhendant peut-être un futur sombre (désertification, sécheresse, réchauffement planétaire, surpopulation, paupérisation, pénuries, exode, exclusions, subordination, discorde, conflits locaux ou de civilisations, haines confessionnelles ou communautaires ?) dans notre Village Global à tous qui est déjà aussi le sien.

Le Burkina Faso en quelques chiffres socio-démographiques pertinents

Selon le 4 ème recensement général de la population et de l'habitation au Burkina Faso en déc. 2006 (chiffres publiés en juillet 2008, dernières données fiables disponibles), il y avait alors 14 millions de Burkinabè.

Entre 1996 et 2006, la population du Burkina a connu un accroissement annuel moyen de 3,1 %, passant de moins de 8 millions à 14, 15 millions en extrapolant à 2010 (4,3 millions en 1 961)

Les femmes Burkinabè représentent 51,7 % de la population pour 48,3 % d'hommes.

Entre 1975 et 2006 (30 ans), la densité de la population est passée de 20,8 habitants au km2 à 51,8 habitants / km2 Les habitants sont très inégalement répartis. La grande majorité de la population vit en milieu rural. La moitié des citadins vivent à Ouagadougou.

Le taux de natalité burkinabè est de 46 0/00 : 38 naissances pour 1 000 en milieu urbain contre 48 en milieu rural. Taux brut de mortalité pour 1 000 habitants : 11,8

Le taux de fécondité moyen au BF : 6.28 enfants / femme en âge.

À l'école primaire (6 – 12 ans), 52 % des garçons âgés de 6 à 12 ans sont scolarisés avec de grandes disparités. dans les villes, 90,9% des enfants sont scolarisés, contre 43,6% en zone rurale.

Filles : 44,7% des filles âgées de 6 à 12 ans sont scolarisées. En milieu urbain : 83,2% des fillettes vont à l'école, contre 35,5% en zone rurale

Au secondaire (13 – 16 ans), Garçons : seuls 18,3% des jeunes adolescents de sexe masculins sont scolarisés au niveau du collège. 45,7% en ville, et 9 % en zone rurale.

Filles : seules 13,3 % des jeunes filles sur l'ensemble du pays sont scolarisées dans un collège. avec une différence entre 40,1% en ville, et seulement 7% des filles en collège en brousse.

L'enseignement supérieur ne couvre que 2 % de la population du pays (14 millions en 2006).

Le niveau d'instruction (classe en cours de fréquentation ou dernière classe suivie) : 20,1% de la population du BF ont le niveau primaire. 8,1% le niveau secondaire et 1,1% le niveau supérieur (avec de grandes disparités entre le milieu rural et le milieu urbain).

Plus de 70% de la population de plus de 7 ans n'ont aucun niveau d'instruction (reconnu).

Les Burkinabè de moins de 20 ans représentent 57% de la population du pays.

L'âge moyen de la population Burkinabè est de 21,8 ans.

Il nous rester à remercier les associations françaises pour leur confiance et burkinabè pour leur accueil, tout particulièrement à toute l'équipe de Houndé et Koupéla, Soeur Monique. 

Merci aussi à tous les Burkinabè pour leur gentillesse et disponibilité (exemples : un cyclomotoriste nous a gentiment montré la route de transit de Ouaga vers Pama, faisant un grand détour jusqu'à ce que nous soyons dans la bonne direction. Routiers s'arrêtant pour nous prêter leur cric et nous aider, comme mentionné ailleurs, etc….)